Famille Dubéchot, bernard dubechot, Tissot, boulangerie, riceys, romilly sur seine, page 1
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Francis jeune
Comment 2 enfants ont été sacrifiés
 sur l'autel de la réussite

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Francis 2009
 Jeune  Optimisé pour Mozilla Firefox
Avril 2009
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Actualisé le 12/10/2010
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 J'ai connu une jeunesse difficile, voire très difficile, du moins entre 14 et 25 ans, intégré d'office dans la boulangerie-pâtisserie familiale à l'âge de 14 ans malgré une certaine aptitude aux études manifestée dès l'école primaire, comme l'avait été avant moi mon grand frère Jean-Claude, mes parents ayant besoin de personnel  pour faire tourner leur petite entreprise, un père très autoritaire, tyrannique, voire violent à ses heures, toujours dans le rapport de force, jamais dans l'affectif, une mère complice pour obtenir le meilleur rendement de ses enfants, à la boulangerie de Ricey-bas pour moi entre 14 et 19 ans, c'est 5 ans sans prendre de vacances hormis le lundi jour de fermeture et encore le lundi soir à 20 heures il fallait déjà revenir au fournil pour préparer le travail de la nuit prochaine, mon père en avait décidé ainsi, durant un moment étant ouvrier, ma nourriture et mon logement ont été décompté de mon salaire, je ne me rappelle pas avoir fêté un seul anniversaire, ce n'était pas dans l'esprit du chef de famille, au total mes parents ont fait 5 enfants.
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Boulangerie Dubechot Romilly sur seine
 Tout ça semble bien dérisoire aujourd'hui
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 Dans les années 1935-1940, le père de mon père, Auguste Adolphe Dubéchot était un communiste convaincu, charbonnier de son état et installé depuis quelques années* dans la forêt d'Othe au petit hameau de La Fourchotte, non loin de Migennes dans le département de l'Yonne, et ayant pour voisin René Froissart, lui-même communiste, puis grand résistant devant l'occupant .
Auguste Dubéchot qui possédait un véhicule pour transporter son charbon utilisait également ce véhicule pour emmener René Froissart, candidat député, dans les réunions publiques. Il faut noter que mon père n'avait pas gardé une haute opinion du parti communiste de cette époque, certains souvenirs l'avaient particulièrement marqué durant son enfance, notamment il m'a raconté une certaine réunion politique organisée à leur domicile qui avait fait disparaître le peu de provisions pour nourrir la famille dont disposait la maîtresse de maison, Mme Aline Séraphine Dubéchot, en effet les conditions de vie de cette famille nombreuse étaient très précaires.
* ( Il habitait précédement, lui et sa famille, au hameau Le Mineroy non loin d'Aix-en-Othe (10), hameau où est né mon père en juin 1924 )
( René Froissart fut fusillé par les allemands dans la clairière du Mont Valérien le 21/09/1942
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 En juin 1940 mon père a 16 ans et il est apprenti boulanger à Joigny, comme beaucoup, très inquiet, il verra les allemands arriver puis sera surpris par leur coté discipliné et plutôt gentil, enfin ça c'était au début de l'occupation, admiratif également à leur arrivée devant le déploiement de leur matériel, ensuite il continua comme apprenti puis enfin après 1942 comme ouvrier boulanger à St-Florentin toujours dans le département de l'Yonne.
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Joigny, à quelques km de La Fourchotte, arrivée des allemands.
Civils qui ont été attaqués par l'aviation allemande, juin 1940
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Visages de quelques vaincus en juin 1940
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 Puis vint l'époque des restrictions alimentaires car la Wehrmacht avalait la plus grande partie des ressources du pays, ainsi, devenu sport national à partir de 1942, mon père fera un peu de marché noir entre St-Florentin et Paris, ce qui lui vaudra d'ailleurs quelques sueurs froides, ceci malgré la loi du 15 mars 1942 sur le marché noir qui précisait que les infractions qui ont été commises uniquement en vue de la satisfaction directe de besoins personnels ou familiaux seraient exemptes de poursuites. Dans les trains, souvent femmes et hommes portaient de lourds bagages, les personnels chargés des contrôles n'étaient pas dupes, les contrôles de bagages étaient donc fréquents, arrivés en gare, les porteurs de victuailles devaient chercher des sorties non surveillées, gare Montparnasse l'astuce était de se faufiler par le dépôt des bagages, mais en ville il y avait encore le risque de tomber sur un contrôle de police.
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Dessin humoristique de l'époque sur la difficulté de s'approvisionner
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 Le 16 février 1943, une loi impose le Service du Travail Obligatoire (STO). Particulièrement visés, tous les jeunes hommes âgés de 20 à 22 ans (classes 40, 41 et 42 puis bientôt (en septembre 43), la classe 43, puis enfin à partir de janvier 44, tous les hommes de 16 à 60 ans sont concernés.
Dès juin 1943, la chasse aux réfractaires s'était intensifiée par une répression policière renforcée, des listes de recherche, des rafles dans les cinémas, cafés et gares, barrages de rues, la Feldgendarmerie effectuait des contrôles dans les trains, environ 5000 
collaborateurs français à la solde des allemands effectuaient des rafles à la recherche des réfractaires. Difficile donc d'y échapper, et dès la fin de l'automne 1943 mon père est directement concerné par le S.T.O.
L'histoire racontée par mon père était que lorsqu'il fut convoqué pour la visite médicale en vue de partir au S.T.O, il s'était auparavant infecté le bras à l'aide d'un clou rouillé, il avait été alors conduit à l'hôpital de Joigny, une fois guéri il avait pu s'enfuir et reprendre son travail d'ouvrier boulanger à St-Florentin. Caché par son patron (?), il ne lui restait plus alors qu'à attendre, éviter les contrôles, et voir venir. Heureusement pour lui, dès le début de 1944, l'ambiance au niveau des 
collaborateurs n'est plus la même, ils savent maintenant que les allemands ne gagneront pas la guerre, donc sans doute qu'ils mettent, au vu des évènements, de moins en moins de zèle dans leurs recherches, toujours est-il que mon père se félicita par la suite d'avoir réussi à éviter le S.T.O, surtout quand il apprit quels dégâts avaient subit les usines allemandes dans lesquelles il aurait dû travailler. Pour la petite histoire, en 1944, 20 000 travailleurs volontaires partirent encore pour l'Allemagne, vraisemblablement des collaborateurs français en fuite.
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La une du Matin (Presse officielle) le 20 octobre 1942
C'est encore du volontariat, mais début 1943, cette fois c'est le recrutement forcé des travailleurs, et pour y échapper, beaucoup sont alors rentrés dans la clandestinité et/ou ont rejoint les maquis de résistants à l'occupant.
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 Un jour une balle tirée par un soldat allemand fera exploser la lampe qui éclairait le fournil dans lequel il travaillait car restée allumée et visible de la rue malgré le couvre-feu, toutefois dans l'ensemble, tant que les occupés se conformaient aux désirs de l'occupant, les relations restaient plutôt correctes.
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Avis publié dans Combat en février 1944
(Journal clandestin issu de la résistance)
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 Lors des bombardements alliés, comme pour toute la population, mon père devait sûrement s'en remettre à Dieu, en souhaitant qu'une bombe n'ait pas la mauvaise idée de tomber là où il se trouvait, il avait déjà vu les énormes dégâts occasionnés à la ville de Laroche-Migennes après le bombardement du 31 juillet 1944 où certains quartiers n'étaient plus que ruines et les bombes tombèrent cette fois sur St-Florentin le 7 et 10 août 1944, bombes destinées aux cuves à essence qui se trouvaient sur la RN5 à la sortie de la ville mais comme l'objectif fut manqué, alors le 11 août ça recommence, un déluge de fer et de feu s'abat sur la ville... Sur le centre ville, il y aura 23 victimes*. L'une des causes de la précision approximative des bombardements était que le largage des bombes était fait à haute altitude pour éviter les tirs de la défense antiaérienne. (La flak).
Lors de l'alerte du 11 août ma mère et sa mère Marie-Rose Tissot, qui habitaient également St-Florentin se sont enfuies de leur maison Place Dilo pour sortir de la ville et aller se réfugier en face dans les champs où elles pensaient être plus en sécurité, mais une bombe est tombée non loin d'elles tuant une femme, l'usine dans laquelle travaillait ma mère fut détruite et reconstruite par la suite (Bonbons Dolis), elle y était rentrée le 13 septembre 1943, de plus au retour, après l'alerte, elles constatèrent que des maisons très proches de la leur n'étaient plus qu'un amas de ruines, on imagine alors facilement leur stupeur devant ce triste spectacle.
* En 1945-46, mon grand-père Raoul Tissot revenant enfin de captivité a participé au débarras des maisons bombardées.
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La Place Dilo avant les bombardements d'août 1944
(Vue prise de l'angle de la rue des Capucins)
 Les flèches indiquent la partie détruite devant la maison de mes  grands-parents, aujourd'hui c'est devenu un parking.
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Ma mère et sa mère Marie-Rose, avril 1944
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L'usine des Bonbons Dolis bombardée, août 1944
L'usine des Bonbons Dolis bombardée, août 1944
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 Ensuite, à l'approche des troupes alliées, le camp de Varennes et ses dépôts de munitions fut détruit par les allemands, les explosions pourtant lointaines firent trembler les maisons jusqu'à St-Florentin. Puis enfin le 23 août 1944 au matin, dans une ville meurtrie, comme beaucoup de français, mon père assista au départ des troupes allemandes et ensuite à l'arrivée des troupes alliées, la résistance locale qui avait payé un lourd tribut durant ces quatre années d'occupation se mit alors à la recherche des dénonciateurs et autres collaborateurs pour être jugés et punis, quelques françaises ayant eu des relations tendres avec l'occupant seront également tondues, il faut noter que ces françaises avaient eu des liaisons avec des allemands tout comme nombre de prisonniers français ou d'hommes du S.T.O en avaient eu en Allemagne avec des allemandes dont les maris étaient absents pour cause de guerre. Au cours des jours qui ont suivi la libération de St-Florentin mon père a croisé un résistant connu de lui, celui-ci était armé d'une Sten (Arme anglaise parachutée aux maquis), mon père lui fit remarquer que le blouson en cuir qu'il portait c'est lui qui le lui avait vendu mais qu'il attendait toujours d'être payé, celui-ci pour toute réponse lui montra son arme et lui dit: Tu veux que je te paye ?, et cette histoire, plus de cinquante ans après, mon père ne l'avait toujours pas digéré.
Nul doute que la plupart des résistants aient été animés d'un patriotisme réel, toutefois il faut citer aussi tous les résistants qui se sont forgés un passé de résistant au cours des quelques jours qui ont précédé la libération, ceux qui se sont enrichis de façon honteuse en gardant une partie de l'argent reçu lors des parachutages, argent qui était destiné en fait aux dépenses des maquis, les faux résistants, en fait collaborateurs et dénonciateurs au service des allemands etc. Bref, durant cette période trouble de plus de 4 années, au niveau des citoyens, le pire et le meilleur se sont souvent côtoyés, révélant ainsi la race humaine dans tous ses états.
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Un des frères de mon père, Roland Dubéchot, sera abattu par les allemands à Briançon le 24/10/1944, il faisait partie de la 1ère division d'infanterie alpine, 1er bataillon, 6ème compagnie FFI, il est enterré à Migennes au carré militaire.
Il s'engagea d'abord dans les FTP (Francs Tireurs Partisans), force combattante créée par le parti communiste français à la fin de 1941, les FTP seront intégrés ensuite dans les FFI (Forces Françaises de l'Intérieur, rassemblement créé en mars 1944 pour réunir l'ensemble des forces combattantes dans un même groupe de combat). Les FFI furent placées en mars 1944 sous le commandement du général Kœnig et l'autorité politique du gouvernement provisoire de la république française du général de Gaulle.
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 En janvier 1946, devant les problèmes rencontrés pour le ravitaillement des populations, les cartes de rationnement pour le pain firent leur retour, mais certains petits trafics furent ensuite découverts et des boulangers ont été condamnés, ce fut le cas du patron de mon père qui vit ainsi sa boulangerie fermée quelques temps par décision administrative, durant cette période mon père en fut donc réduit à faire quelques petits boulots, dont travailler à la réfection des voies de chemin de fer, ce qui lui laissa quelques souvenirs amers, notamment une fois où revenant de son travail, il fut interpellé par des gendarmes que mon père connaissait pourtant, mais qui ne l'avaient pas reconnu à cause de ses habits de travail en piteux état.
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Note: Une partie de ce qui est écrit précédemment est basée sur des histoires que mon père ou ma mère m'ont raconté, pour le reste, j'ai lu plusieurs livres concernant cette période, dont un sur la résistance dans l'Yonne (Robert Bailly), ou bien encore des journaux de l'époque, dans le but bien sûr de me documenter et de pouvoir ainsi recouper les infos.
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Ma mère et mon père le 31/03/1946
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Mariage de mes parents le 06/07/1946
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 Ensuite, au fil des années, ayant surtout connu la misère jusque-là, mon père, malgré la faiblesse de son bagage scolaire, voulu réussir dans les affaires, il avait appris la boulangerie, c'était donc dans ce métier qu'il allait réaliser son rêve, ensuite sa vie n'a plus eu qu'un seul but, réussir cet objectif coûte que coûte, et profitant, comme tous les gens de cette époque, des trente glorieuses, il a réussi, c'est seulement sur la fin de sa vie qu'il s'est rendu compte des dégâts collatéraux, mais sa boulangerie de Romilly restait sa fierté, le symbole de sa réussite, symbole qu'il devait protéger envers et contre tout comme la prunelle de ses yeux, puis mon autre frère Christian, le troisième dans l'ordre d'arrivée, a repris le flambeau, mon père en fut enchanté, le nom Dubéchot resterait donc sur la façade de sa boutique, et Christian a obtenu ainsi toutes les faveurs, ensuite lui et les parents ont formé le noyau dur de la famille, évidement avec les quatre autres enfants les relations furent nettement plus tendues, pour mes parents Jean-Claude était le vilain mouton noir, celui qui propageait la mauvaise parole, et Francis était sous son influence, faut dire qu'ensemble ils avaient connu les années de galère et que l'histoire qu'avaient refait les parents au fil du temps ne ressemblait plus du tout à ce qu'ils avaient vécu, alors évidement ça crée des liens, je vais donc vous raconter l'histoire de ma jeunesse telle que moi je l'ai vécu et en m'appuyant autant que possible sur des documents de l'époque.
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Période de St-Florentin (1951-1956)
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Ma mère, sa soeur, Francis 1951
Ma mère, sa sœur, et moi (1951)
Saint Florentin 1951 Père-Jean-Claude-Francis-1951 Saint Florentin 89
Mon frère Jean-Claude et moi (1951) Mon père, Jean-Claude et moi (1951) Ma mère et moi nous rentrons de la plage de St Florentin (1952)
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Ma grand-mère Marie-Rose et moi rue Courquillon
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Route de Venizy 89 Père et Christian-1956
Christian au verger, derrière, la route de Venizy (1956) Mon père et Christian au verger (1956)
 Durant ma période passée à St-Florentin, je n'ai pas de mauvais souvenirs, je me rappelle des visites au verger de mon père, rue des Roches, en direction de Venizy, mon père, toujours ouvrier boulanger à St-Florentin, faisait le trajet à pied en poussant une remorque dans laquelle je me trouvais, de notre logement au verger il y avait bien 3 Km, mon père s'arrêtait parfois au retour pour discuter avec des connaissances, une fois dans ce même verger, je suis tombé sur un essaim de guêpes, je devais bien avoir 10 ou 15 piqûres... , ma mère travaillait dans l'usine reconstruite, les Bonbons Dolis.
Raoul 1946
 Quand je l'ai connu, mon grand-père Raoul Tissot était un homme de la terre, lui et sa femme Marie-Rose menaient une vie normale, basée sur le travail du mari chez un pépiniériste de Chéu, village à coté de St-Florentin, mon grand-père aimait la pêche, la chasse, la cueillette, il était un peu colérique mais comment ne pas l'aimer.
Parfois chez lui venait un homme à qui il manquait un bras, bras qu'il avait perdu durant la guerre, dans sa poche il avait des noisettes et il m'en donnait une poignée à chacune de ses visites, je me rappelle aussi du camp de Varennes, camp détruit à leur départ par les allemands en 1944, en face du camp mon grand-père et mon père cherchaient des champignons, dans ce camp il y avait une immense pile de caisses en bois probablement abandonnées là par les américains qui avaient pris possession du camp à la fin de la guerre.
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Francis 2 ans
 Ma mère et sa sœur (1954) Mes grands-parents côté mère, Raoul et Marie-Rose (1979)
 J'ai très peu connu mes autres grands-parents, coté père
Moi à 2 ans
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St-Florentin 89 Rue du collège Saint Florentin 89
Peu avant de partir à Ricey-bas (1956)
 Devant notre  maison de St-Florentin, rue du Collège
(De gauche à droite, Christian, Jean-Claude et Francis)
 Avant ce logement, nous habitions rue Courquillon,  dans un  logement très vétuste, au dessous des toits  (J'en ai gardé un très lointain souvenir)
Le cycliste, c'est moi, toujours devant la maison (1956)
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 La fin de la guerre et les privations n'étaient pas si loin car je me rappelle alors que j'étais à la garderie, nous traversions la ville de St- Florentin à pied une ou deux fois par semaine (?) pour aller boire un grand verre de lait au collège Marcel Aymé nouvellement construit.
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 Dans les années 1955-56, je jouais en face de la maison de mon grand-père, maintenant parking de la place Dilo, mon grand-père y louait alors un jardin accolé à une ancienne maison bourgeoise (Mme Trincant ?) qui avait été bombardée comme raconté précédemment en août 44, il y avait encore les ruines de la maison et l'accès à la cave, mon grand-père stockait alors des escargots de Bourgogne dans des cages dans un coin du jardin.
Dans le grenier de la maison de mes grands-parents, il y avait de nombreuses cannes à pêche, mais elles n'avaient pas l'air d'être de première jeunesse, également accroché à un clou, un masque à gaz.
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Maison Place Dilo Saint Florentin 89
Le mur du jardin du grand-père vu de l'arrière, à gauche de la photo La maison de mes grands-parents Raoul et Marie-Rose, place Dilo, déjà à l'abandon après leur décès, aujourd'hui elle n'existe plus (Photo de 1993)
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Rue du Collège St florentin (89)
(Vue de la rue du Collège)
 Mon père travaillait dans la boulangerie juste en bas de la rue  (Grande rue)
(Cidre en fermentation, la cave concernée)
 Une dizaine de mètres en dessous du lieu où on habitait, dans  une rue perpendiculaire à la rue du Collège, mon père avait  un ami qui faisait du cidre, plusieurs fois je l'ai accompagné et  l'odeur très particulière au sein de cette cave m'est restée 
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Place-Edmond-Verolot--Rue-College-ST-FLORENTIN-89
La place Edmond Vérollot, et juste en face, la rue du Collège
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 Toujours dans les années 55-56 et même un peu après, alors que nous étions déjà aux Riceys (sûrement le lundi), je me souviens de nos parties de pêche aux vairons, avec mes grands-parents à la Rue Feuillée-Pontigny, à une quinzaine de kilomètres de St-Florentin, je pense pouvoir dire qu'à l'époque nous avions une vie simple mais que nous étions une famille " Normale ", c'est à partir du moment où nous sommes arrivés aux Riceys que cela s'est gâté petit à petit, l'ambition grandissante de mes parents allait tout broyer.

Période de Ricey-bas (1956-1970)
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Mes Souvenirs à Ricey-bas, comme nous allons le voir plus loin, dans mes souvenirs, les objets volaient beaucoup
* = période de ma vie
À notre arrivée à Ricey-bas mon père a 32 ans et ma mère 29 ans.
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église Saint Pierre de Ricey-bas (Les Riceys) Clocher Ricey-bas en réparation Les Riceys
 Église de Ricey-bas, ancien clocher, il tombera dans les années 50 suite à une  tempête, église du XV et XVI ème siècles, flèche de 43 mètres de hauteur
(La boulangerie se trouve juste devant la façade de l'église)
Le clocher de l'église est en réparation à notre arrivée
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* De 5 à 8 ans (1956-1959) " Le travail "
 Les 2 ou 3 années qui ont suivi notre installation à la boulangerie de Ricey-bas furent difficiles pour mes parents, non qu'il y avait beaucoup de travail mais le matériel était très vétuste, il leur fallait rembourser les prêts, faire face à des dépenses imprévues, et les clients vignerons étaient encore pauvres mais au fil du temps le chiffre d'affaire évolua à la hausse et à partir des années soixante ça ira de mieux en mieux, ça commençait au printemps, foire du grand jeudi, puis beaucoup de résidences secondaires voyaient leurs occupants arriver à partir de Pâques, et ça durait ainsi jusqu'aux vendanges en septembre.
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Boulangerie de Ricey-bas (Les Riceys)
Ma mère dans la boutique
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* De 5 à 11 ans (1956-1962) " Conditions de vie "
 À notre arrivée à Ricey-bas les conditions de vie étaient très précaires, le chauffage dans les chambres l'hiver était un luxe à l'époque, nous avons donc eu d'abord des bouillottes et des briques chaudes pour réchauffer nos pieds, puis ce fût le tour des couvertures chauffantes électriques, mais il ne fallait pas oublier de les arrêter sinon ça sentait le brûlé, les Wc à la turc était dehors dans une grange, le sol des Wc était en bois, un jour ma mère est passée au travers, je vous laisse imaginer le résultat, la porte qui menait aux Wc est visible sur une photo plus bas, évidement pas de douche, elle est arrivée bien après, la douche fût installée dans le fournil vers 1965 et les Wc "modernes" sous la véranda à peu près à la même période par le maçon propriétaire de la maison, et joueur d'accordéon à ses heures, Mr Romano Fazzoli.
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 La distance était si importante entre ma chambre et les Wc, il fallait descendre les escaliers pour repasser au rez-de-chaussée, ensuite il fallait traverser la véranda, puis le fournil, puis traverser le garage dans lequel se trouvait la voiture du père puis traverser la rue Chauffour puis enfin rentrer dans la grange dans laquelle se trouvaient les Wc dans lesquels on était en équilibre instable sur des planches pourries, vers 6-7 ans j'avais trouvé une solution à ce problème pour les besoins pressants, j'avais remarqué qu'au grenier au-dessus de ma chambre, il y avait beaucoup de bouteilles vides dans un coin, donc pour les petits besoins et bien j'allais tout simplement remplir ces bouteilles, mon truc a été découvert longtemps après par mon grand frère qui a vu un jour du liquide dans certaines bouteilles et s'est posé la question suivante,mais qu'est-ce que c'est que ça... Démasquer le coupable ne fut pas long.
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* Vers 8-9 ans " Peugeot 201 "
 
Lorsque mon père est arrivé à Ricey-bas pour prendre possession de sa boulangerie, il avait besoin d'une voiture pour faire des tournées, seulement il n'avait ni permis ni voiture, il avait alors fait connaissance du brigadier de gendarmerie des Riceys car il était vendeur de sa voiture, une Peugeot 201, aussitôt achetée le père commença à faire ses tournées, il passera le permis ensuite, je me rappelle des tournées quand très jeune j'accompagnais mon père, Mr Douvrain, le boucher de Celles sur Ource que nous rencontrions sur la tournée de Balnot-sur-Laignes me donnait des tranches de saucisson, je me rappelle encore de Mr Mauclair, l'épicier de Balnot sur Laignes, chez qui nous faisions une halte, aux Riceys mon père est passé ensuite à une Peugeot 203, puis ce fût une Peugeot 403, puis enfin une Peugeot 404, quand mon père a changé sa 201 contre une 203, mon père a donné ? la 201 à mon grand-père Raoul qui faisait ensuite la route St Florentin Ricey-bas avec sa voiture de temps à autre, vitesse de pointe 60 Km/h, et il fallait bien tenir le volant, un jour le grand-père et la grand-mère arrivent au volant de leur voiture dans la rue derrière la boulangerie, nous sommes dehors en train de jouer avec des pétards, la 201 s'immobilise, le grand-père en descend, quand un gros pétard explose dans la flaque d'eau juste à coté de lui et il est fortement éclaboussé, très en colère pour l'accueil reçu, il menace déjà de repartir.
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Peugeot 201
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Boulangerie de Ricey-bas. Mes parents Mère, Boulangerie de Ricey-Bas
Ma mère et mon père dans la boutique (1958) Ma mère dans la boutique
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* Vers 6-7 ans  " L'école de Ricey-bas "
 Quand je suis rentré à l'école de Ricey-bas pour la première fois, l'instituteur était Mr Millet, et l'institutrice sa femme s'occupait des jeunes, j'étais donc avec sa femme, un matin je suis arrivé avec mon sac d'école en cuir marron passé au cirage noir. Pourquoi j'avais fais ça ? En plus je m'en étais mis partout, la maîtresse m'avait réprimandé, une dénommée Liliane Marot, beaucoup plus vieille que moi, elle devait bien avoir 12 ans, m'a dit: demain je t'amène du cirage marron et en échange tu m'amènes des bonbons... Mr Garbison et sa femme ont succédé ensuite au couple Millet.
école de Ricey-bas Les Riceys école de Ricey-bas (Les Riceys)
 École de Ricey-bas (1993) École de Ricey-bas (Maison de l'instituteur)
Mon frère Jean-Claude et moi École de Ricey-bas (Serge 1969)

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